Schizophrénie, folie, sadisme, barbarie, succombez ou cédez...
 
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 Nikita Falken

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Nikita Falken

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Date d'inscription : 19/10/2010
Age : 28
Localisation : Dans ton crâne.

MessageSujet: Nikita Falken   Sam 23 Oct - 16:53

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I N F O R M A T I O N S . G É N É R A L E S ;;
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PRÉNOM & NOM: Nikita Falken.
ÂGE: Physique : 41 ans / Réel : 754 ans.
GENRE: Masculin.
RACE: Vampire.
RÔLES: Vampire opposant. L'un des pilliers de la résistance de River Crow. Créateur de la Fondation MacGrégor. Membre de la société secrète Alkatrys. Surveillant de nuit et éducateur de l'orphelinat.


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D E S C R I P T I O N S ;;
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DESCRIPTION PHYSIQUE:
Sur-entrainé par son Sire lors des dernières années de sa vie humaine, et par ailleurs prédisposé à un excellent développement physique, Nikita possède une silhouette sportive et élancée. Son mètre quatre-vingt-dix et sa musculature travaillée en font une personne que l'on remarque au milieu de la foule et que l'on respecte par conséquent, même s'il est plutôt discret dans son attitude calme et sa posture modeste. Ni étincelant de classe ni d'apparence négligée, c'est un homme on ne peut plus naturel, simplement présentable.

Une chevelure un peu indisciplinée. Quelques mèches fines se hasardent au coin de ses yeux noisette. Un profil prononcé, une mâchoire et des épaules larges, une barbe de quelques jours figée pour l'éternité. Une carrure à la Marvel, dotée d'un regard intelligent. Ca rigole pas.
Il a du charme, on ne peut le nier. Malgré les quelques élégants sillons de la quarantaine et ses traits abruptes, son visage est de nature plutôt douce. Mais il n'est pas rare non plus que la colère, la frustration, le désespoir, s'y dessinent, avec toute la sincérité qui caractérise le personnage. Très expressif, il s'impose de ne posséder aucune barrière, qu'elle soit émotive ou physique.

Ses protégés apprécient ce grand bonhomme aux mains larges qui, un sourire aux lèvres, les prend dans ses bras puissants, arborant dans le regard comme une étincelle à chaque fois qu'il les rencontre. Cet homme-là ne saurait être effrayant, et pourtant... Les partisans de Léandre qui croisent sa route ne lui trouvent rien de franchement mignon, c'est même plutôt le contraire. Il sait rendre impitoyable ce regard bienveillant, et quand son imposante silhouette s'élance sur l'un de ses ennemis, ce n'est pas pour lui faire un câlinou.


DESCRIPTION PSYCHOLOGIQUE:
Nikita n'a pas un caractère complexe. C'est un homme simple, à la fois plein de défauts, et honorable en de nombreux points. On pourrait dire trop humain.
Il met un point d'honneur à être un père parfait. D'ailleurs, il est si paternel avec les enfants de la Fondation qu'on se demande parfois s'il est réellement vampire. Plus de six siècles de solitude familiale lui ont appris à apprécier ces tendres moments, qu'il n'avait jamais vécus avant.
Du moins, s'il en a vécus, il ne s'en souvient plus.

Mais s'il a beaucoup de patience et de persévérance concernant les enfants, et surtout pour ceux qui ne parviennent à s'intégrer, en revanche avec les adultes ces qualités sont limitées. Il ne permet pas les faux pas, sauf quand il y a une raison parfaitement valable. Il tient à ce que tout soit organisé avec précision, et malgré qu'il soit tête en l'air, il tient beaucoup au moindre repère. Tout doit fonctionner comme il l'entend, sinon il se bloque, s'énerve, perd pied et part en claquant la porte. Les réunions en sa présence, dans lesquelles le ton ne monte pas, se font rares. Une dose de sale caractère qu'allège la compassion, la sensibilité et la sympathie pour les humanistes comme lui.

Un goût prononcé pour la justice, né de son travail à Alkatrys, a radicalement orienté sa personnalité vers celle d'un persécuteur. Dès que les enfants ne sont plus là, la lumière qui l'illumine fait place à l'ombre du reste du monde. Il franchit le portail de l'orphelinat, et déjà il n'est plus le même homme. Ses poings se serrent, ses nerfs se tendent, son sourire si chaleureux s'efface. Dans les esprits de River Crow, il découvre des souvenirs insupportables, souvenirs qui s'incrustent parfois au beau milieu des siens. De la terreur, de la douleur. Et tout ça, par la faute de ce monstre, dans son manoir, qui se rit du désarroi des gens. Alors dès qu'il croise ses partisans, il a du mal à se retenir, il fonce dans le tas. Nikita est un homme impulsif qui ne s'arrête devant rien. Il a besoin parfois qu'on le canalise. Qu'on l'entoure, qu'on l'aide. Il n'est pas du genre à s'isoler et se rendre inaccessible par fierté, dissimulant ses faiblesses à son entourage.
On pourrait penser qu'il s'agit d'un homme fragile à cause de sa sensibilité, mais il n'en est rien.

Il a du mal à se reconnaître, parfois, et la sensation qu'il ne possède aucune personnalité propre. Car le vécu forge l'homme, et lui, son vécu voyage de tête en tête, son vécu est le vécu des autres, d'une certaine manière. Il pourra se comporter comme s'il lui est arrivé un malheur, alors qu'il n'aura fait que se souvenir de celui d'un autre. C'est en ceci qu'on le trouvera étrange, parfois, et d'humeur changeante. Mais comme son entourage est au courant, il le comprend.
Etre un passeur de souvenirs est un poids, il ne s'y fait jamais vraiment, mais il ne lutte pas contre sa nature. Elle lui apporte tout de même certains avantages. Quand certains perdent l'espoir, il leur offre des souvenirs d'enfance. Même si ce côté généreux peut parfois lui faire défaut.

O
B A C K G R O U N D ;;
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HISTOIRE DU PERSONNAGE:

J'ai oublié jusqu'à mon nom.


Le visage à demi-enfoncé dans l'oreiller, Nikita lève une paupière. Il contemple son paquet de roulées sur la table de nuit, puis l'heure qu'affiche son réveil. Le fils de la nuit hausse un sourcil, perplexe. Il ne comprend pas.
Dans sa bouche flotte un goût amer et, dans son crâne, le chaos.
Il se demande s'il n'a pas un peu trop abusé du vin français que Leo lui a offert pour son 750ième anniversaire.
Pour preuve, deux bouteilles vides au pied du lit. Ses fringues en vrac, éparpillées sur le sol. La porte, fermée à clé, alors qu'elle ne l'est jamais.
Ce n'est pas raisonnable. Il a des enfants.
Des enfants ? ...
Il ne comprend pas. Il n'a jamais eu d'enfants, et il le regrette, d'ailleurs.

Nikita se redresse tant bien que mal, et commence sa nuit par rouler une cigarette. Il y a des automatismes que l'on n'oublie pas. Sa roulée entre les lèvres, il va ouvrir la fenêtre, en caleçon. A travers la brume de ses premières taffes, il contemple les dernières lueurs du jour se dispersant et s'atténuant sur les toits de River Crow.
A son cou, une petite chaîne, suspendant une clé entre ses pectoraux. Pourquoi ?
Il ne comprend pas.
Sans se presser, il finit sa clope, écrase les cendres fumantes dans le cendrier posé sur le rebord de la fenêtre. Puis il observe sa chambre. Au milieu du bordel, un vieux, très vieux coffre-fort avec un verrou manuel. Une serrure.
Nikita saisit la clé dans ses doigts pâles et la contemple. Une réponse. Il a besoin d'une réponse. Il s'agenouille près du coffre.
Avant d'ouvrir, il relève la tête, et tombe par hasard sur un grand tableau noir, accroché au mur en face de lui. Il y est inscrit à la craie, de sa propre calligraphie, des tâches précises qu'il ne reconnait pas.
Réveiller les enfants. Les emmener prendre le petit-déjeuner.
Pourtant, il n'a pas d'enfants. Il le saurait, non ?

Enfin, il ouvre la porte du coffre-fort. Elle grince. A l'intérieur, un vieux livre, dont la reliure laisse à désirer. Il a probablement plus d'un siècle, à en juger par l'état du cuir de la couverture.
Il feuillette les pages avec précaution. Ca parle de lui. Etonnant, non ?
Les premières pages parlent de Prague, presque huit siècles plus tôt. Il ne se souvient pas s'être autrefois appelé Miroslaw. Nom qu'il se donna lui-même, à défaut de connaître ses parents. Il ne se souvient pas non plus d'avoir été un brigand austro-hongrois qui mangeait des rats tant il était démuni et affamé. Et pourtant, il se rappelle avoir embrassé Anezka sur le Pont Charles et lui avoir promis qu'il ferait d'elle une princesse.
Il se souvient de n'avoir pas toujours été très fréquentable. A vrai dire, il se souvient de beaucoup de choses, mais les pièces manquantes sont beaucoup trop importantes. Cette chambre, il ne la reconnait guère. Les enfants ne lui disent rien. Mais il sait qu'il travaille avec Leo, et il sait qu'il a quelque chose de très important à faire ici.
Au fait, qui est Leo ?

Le plus calmement du monde, il va fouiller dans une armoire pour s'habiller. Il enfile un pantalon un peu large, un tee-shirt, une chemise qu'il laisse ouverte. Sur ses chaussettes, il y a Homer Simpson. Un sourire sur son visage. Lui, il le reconnait. Il y a des choses, comme ça, qu'il n'oublie jamais.
Une fois sorti de sa chambre, après avoir consulté le grand tableau noir une dernière fois, il se déplace lentement dans les couloirs, tout en parcourant cet ouvrage qui lui raconte sa propre vie.
C'est long. Très long. Il passe les détails de sa jeunesse humaine. Il en arrive à cette froide nuit d'hiver où un homme, un parfait inconnu, l'a retrouvé très mal en point sur le trottoir devant la porte de sa maison. Nikita était en train de mourir de froid. Ce dénommé Alan, immigré gaël venu tout droit des Highlands pour s'installer à Prague, lui donna à manger et l'acueillit chez lui pendant quelques jours. Il semblait le connaître un peu. Et il savait qu'il ne jouerait pas au brigand avec lui. Nikita y pensa, c'est vrai, cet homme avait l'air si fortuné, tout ce qui brillait chez lui attirait son regard.
Et pourtant la prédiction d'Alan s'avéra juste. Nikita savait qu'il avait affaire à un grand homme, qu'il devait se fier à lui, alors il demeura honnête et, d'ailleurs, ne vola plus jamais pour survivre.
Alan s'imposa comme son protecteur sans lui demander son avis. Aveuglé par sa prestance et son incroyable charisme, Nikita demeura docile et tout ouïe pour son maître, qui avait décidé de l'instruire en bien des domaines.

Il achève là sa lecture, pour le moment. Il relève les yeux pour contempler ce qui l'entoure. Il se trouve dans un bâtiment ancien, où les hauts plafonds creusés en voûtes à arcs brisés s'effritent et se tâchent sous l'effet du temps qui passe. Ci-et-là, quelques restes de statues divines et d'inscriptions religieuses gravées un peu partout. Cet endroit fut probablement un monastère, en un temps bien lointain. Où se trouve-t-il ?
Pour le savoir, il tourne les pages du livre. Il arrive à un chapître lui racontant qu'il est officiellement surveillant de nuit dans un orphelinat, la Fondation MacGrégor.
MacGrégor. Effectivement, ça lui rappelle quelque chose. Surtout quelqu'un.
C'était le nom de famille d'Alan.

Alan MacGrégor, quand il reprit naturellement sa lecture là où il l'avait laissée, faisait partie d'une sorte de société secrète, dont il ne parlait que rarement. Il voulait juste sous-entendre qu'un jour, Nikita en ferait aussi partie. Que c'était dans l'ordre des choses.
Alan était un homme pour le moins étrange, qui ne vivait que la nuit. Il ne voyait jamais le soleil, et entendait bien à ce que son protégé prenne le même rythme que lui.
Il lui apprit à lire, à écrire, lui enseigna la philosophie des grandes lumières de ce monde, les mathématiques, les sciences diverses... et pour finir, le sport de combat. Nikita s'était fait par lui-même, dans la rue, et peinait à perdre certains mauvais réflexes. Pourquoi son professeur souhaitait-il qu'il se batte physiquement, alors qu'il venait de lui apprendre l'art de la défense par la parole et la plume ? Sans doute parce qu'il voulait qu'il fût un homme complet. Au bout de quelques années, l'élève mania le sabre et le poing comme un vrai guerrier. Les entrainements étaient difficiles. Alan le poussait hors de ses limites. Peut-être pensait-il en faire un surhomme. Mais dans quel but ?

Une voix exaspérée le tira de son histoire. A travers une porte vitrée, sur sa gauche, Nikita distingue une silhouette excitée et nerveuse qui envoie valdinguer à terre quelques papiers sur un bureau.
Sa curiosité attisée, il pousse la porte qui n'est pas tout à fait fermée. Pénétrant dans le bureau, il croise le regard clair d'un jeune homme, grand, mince, les cheveux en bataille encadrant un visage aux traits bien prononcés. Il porte un costume, et c'est étrange, parce que ça ne lui va pas du tout.

- Foutue paperasse de mes deux, j'ai encore paumé un dossier d'inscription dans ce bordel, s'énerve encore son collègue, qui semble être le maître des lieux. Ca, ce n'était pas difficile à deviner, c'est écrit sur une plaque au bord du bureau. "Leo Aragon, Directeur de la Fondation MacGrégor". Se calmant subitement, l'énervé observe le livre ouvert dans les bras du vieux vampire et se désole. Tu as encore oublié ? Merde... Ca fait longtemps que ça ne t'était pas arrivé. Enfin, longtemps... Six ou sept mois, tout au plus.
- Comment ça, j'ai "encore" oublié ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
s'étonne Nikita, qui ne comprend absolument pas de quoi cet inconnu lui parle.
- Que tu as la tête comme une passeoire, mon p'tit mec. Et que je suis l'une des personnes censées te rappeler qui tu es, ajoute Leo en faisant glisser hors de son col une petite chaîne portant la même clé que possède l'amnésique. Je vois que tu as déjà trouvé ton bouquin. T'en es où ? Que je te fasse un topo vite fait bien fait, histoire qu'on ne perde pas trop de temps. Les gamins vont bientôt se réveiller. Je te donnerai plus de détails plus tard, si tu veux.

Un peu perdu, Nikita hésite un instant, silencieux. Puis il baisse les yeux en direction de son livre. Après tout, autant faire ce que son cadet lui demande, il a l'air de savoir gérer la situation présente.

- Ok... J'en suis à mon apprentissage avec Alan Macgrégor.
- Ne me dis pas que tu ne te souviens de rien du tout, hein,
s'inquiètes soudainement le directeur, en le voyant s'égarer dans son récit, un peu trop à l'ouest.
- Euh... non, non, il y a des choses qui me reviennent, de temps en temps... Je sais que j'ai des enfants, je connais ton nom... Il y a un certain Charlie, un p'tit bonhomme, qui me revient. Et je me rappelle de certaines évènements, dans un lointain passé, mais j'ai du mal à tout remettre en ordre.
- D'accord. Assieds-toi.


Nikita s'exécute, et apprécie le confort d'un fauteuil en cuir faisant face au bureau. Leo défroisse sa veste de costume, puis s'installe à son tour, après avoir fait démarrer la machine à café.

- Je te le sers noir sans sucre, comme d'hab' ?

" Comme d'hab' ", Nikita ne connait pas.

- Si tu le dis.
- Bien ! Je vais t'expliquer tout ça. Si tu ne comprends pas, tu m'arrêtes. Généralement, c'est ce que tu fais, tu poses plein de questions. D'ailleurs, pour quoi que ce soit, tu poses toujours plein de questions. Bref, commençons là où tu t'en es arrêté. A bas le suspense que tu as royalement géré dans ton roman, Alan MacGrégor est ton Sire.
- Ca me parait logique. Pourquoi est-ce qu'il m'a transformé ? Et appris toutes ces choses ?
- J'y viens, j'y viens. Tu te rappelles d'Alkatrys ?
- Pas du tout.
- Alkatrys est une société vampirique secrète basée en République Tchèque. Comme celle-ci, il y en a un peu partout dans le monde, et certaines d'entres elles se sont regroupées dans ce qu'on appelle l'Alliance, pour lutter contre celles qui foutent la pagaille un peu partout, réduisant les humains en esclavage, attaquant les autres vampires à cause d'une sombre légende d' "élus" parmi les fils de Caïn, enfin bref... En trois mots, c'est le bordel.
- Tu parles un peu vite,
l'interrompt l'amnésique qui peine à suivre ledit bordel.
- Navré, c'est à force de te le répéter, j'en oublie que tu n'as pas ce discours en tête. Je vais essayer de ralentir... Toi et moi faisons donc partie depuis longtemps de celle qui se nomme Alkatrys, et qui oeuvre en principe pour la sécurité des autres sociétés secrètes et des vampires solitaires. Avant même d'être vampirisés, nous avons eu chacun un maître qui nous a tout appris, histoire que nous soyons au meilleur de notre forme, physique et intellectuelle, lors du grand soir. Pourquoi tu crois que t'es si baraqué ?

Nikita baisse un instant les yeux vers son buste et ses bras. C'est vrai, ça, il n'est pas la moitié d'un homme.

- Je reprends, poursuit Leo en servant deux tasses de café sur le bureau. Au bout de quelques années, lorsqu'il a jugé le moment venu, MacGrégor a fait de toi son Infant. A partir de cette date, tu es officiellement devenu un membre d'Alkatrys. Et dès lors... J'avoue que je ne sais trop quoi te raconter, la suite de ton histoire est particulièrement floue. Tu parles d'un autre Infant, sans écrire son nom, tu parles d'une relation forte et délicate à gérer, mais tu n'en sais pas plus. Il faut croire que tu as refilé ces souvenirs à quelqu'un d'autre, ou bien que tu les as enfouis très profondément en toi.
- Attends, attends... Tu viens de dire que je pouvais "refiler" mes souvenirs à quelqu'un d'autre ?
- Etant donné ton âge tu as des dons psychiques plus développés que la plupart des vampires. Au delà de pouvoir lire dans l'esprit des gens, comme tout bon fils de la nuit, tu peux creuser profondément dans leurs souvenirs pour découvrir beaucoup de choses à leur sujet, et même, parfois, voler, copier leur histoire ou leur rendre quelques évènements qu'ils ont enterrés quelque part dans leur cervelle. A l'inverse, malheureusement, il t'arrive de léguer tes propres souvenirs à des gens - comme Charlie, par exemple. Ou à les oublier, tout simplement.
Leo marque une pause pour boire une gorgée de café, qu'il a fait un peu trop fort. Il y a deux cent ou trois cent ans, ça t'arrivait très fréquemment. C'est là que tu as décidé d'écrire ton histoire et de la confier à des personnes de confiance, pour pouvoir la retrouver. Parfois, tu n'oublies que ton nom. Parfois, tu ne te rappelles pas de la veille, ou des deux dernières semaines. Mais l'avantage de la télépathie, c'est que tu peux lire dans l'esprit des gens comment tu les as rencontrés, ce que tu as fait avec eux...
- Je vois. Effectivement, je viens de découvrir comment je t'ai rencontré.
- Ah oui, cette fameuse nuit !
s'exclame son cadet, un léger sourire en coin, en s'affaissant contre le dossier de son confortable fauteuil.
- On s'est engueulés au beau milieu d'une réunion d'Alkatrys. Je t'ai pris pour un petit con prétentieux.
- Oui bon bah ça va, pas la peine de le dire, je le sais. Je sais aussi que maintenant tu m'aimes bien, même si tu ne te rappelles pas toujours de moi,
ajoute Leo en laissant se perdre son regard dans l'obscurité du café.
- Justement... Ca ne te vexe pas ?
- Je sais que ce n'est pas ta faute.


Nikita décèle dans la voix de Leo la preuve par les mots de l'amitié qu'il lui porte. Ce doit être difficile pour lui de répéter sans cesse la même histoire à quelqu'un qui ne se souvient même plus de leur amitié, et de tout ce qu'ils ont vécu ensemble. Le vieux vampire se sent comme un poids, tout à coup. Et il ne sait même pas comment soulager cet ami, obligé de supporter un problème qui n'est pas le sien. Il ne sait pas, car il n'a pas encore toutes les cartes en main. Mais il se dit que, s'il y avait eu un autre moyen de s'organiser, sans doute l'aurait-il déjà mis en oeuvre lorsqu'il avait toute sa tête...

- Il y a une raison pour que je perde la mémoire régulièrement, comme ça ?
- Ca... Je n'en sais rien. Peut-être. Mais en tous les cas, tu l'as oubliée, elle aussi. Bon, je poursuis, on s'active, parce que tu dois aller réveiller les enfants d'ici un quart d'heure.
- Les enfants ?
- Falken, chaque chose en son temps, tu veux bien ?


Là, Nikita est complètement largué.

- Falken ?
- C'est ton nom de famille. De cette époque. Du moins, le nom officiel pour l'humanité. Tu en changes souvent. Aujourd'hui tu es Nikita Falken. A la base, tu t'appelles Miroslaw Andel, MacGrégor t'a rebaptisé Francis Zanninger quand tu es devenu vampire, tu t'es aussi appelé Czeslaw Boryski, Oskar Tomas, Veleslav Zdenek et autres noms tordus et imprononçables de ton pays.
- Ah oui. Continue, je t'en prie.
- Quand je t'ai connu, il y a environ quatre siècles, j'étais donc un petit con prétentieux - ça n'a pas dû réellement changer - qui avait fait sa place au Conseil d'Alkatrys très rapidement. Ils aiment les têtes de bourriques là-bas dedans, qui sont productifs quand ils se prennent la tête aux réunions. Enfin bon, tu étais venu avec ton Sire parce qu'il t'avait nommé responsable d'une équipe de traqueurs chargé de résoudre le problème du Clan Hyllias, c'est-à-dire exterminer le chef et ses Infants parce qu'ils faisaient trop de dégâts en Grèce. Ils avaient monté une sorte de maffia, dans le but de s'approprier le pouvoir d'une ville. Mais je dévie de notre sujet, là... En résumé, voilà, tu étais un membre actif d'Alkatrys, et au fil du temps tu occupas une place assez importante dans le système de la société.
- Excuse-moi de t'interrompre... Si je fais le calcul, il manque 350 ans à ma chronologie.
- Tu ne les as pas écrits. Mais souvent, ils te reviennent en mémoire, par morceaux. Tu me parles parfois de certaines rencontres, de missions diverses, visiblement tu n'as fait que ça, ou presque, pendant ces trois siècles et demi. Tu as un peu voyagé en Europe, aussi. Mais tout ça, tu ne l'écris pas. Je crois que la plus grande partie de cette période-là, tu ne souhaites pas t'en souvenir. Ou alors, elle a peu d'importance pour toi, mais ça j'en doute.


Nikita demeure un moment silencieux. Il lui est impossible de se rappeler de quoi que ce soit concernant cette époque. Mais une espèce de sentiment de mal-être le possède quand il y pense. A-t-il fait quelque chose de mal, de très mal, au point de vouloir l'effacer ? Ou bien est-ce quelqu'un qui l'a fait souffrir ?
Soudain, une nouvelle question, importante, franchit ses lèvres.

- Qu'est devenu Alan MacGrégor ?
- Il est...
Leo hésite un instant.... Mort. Assassiné.
- Par qui ?


Leo se lève et se rapproche de la fenêtre. Au loin, on distingue les tours d'un vaste et lugubre manoir. Le directeur de la Fondation les désigne de l'index.

- Lui.
- C'est qui, lui ?
- Ca, c'est une longue histoire. Tu te souviens pourquoi nous sommes ici, toi et moi ?
- Et bien... Je sais vaguement que nous sommes là pour combattre certaines injustices, pour mener une sorte de révolution. Quelques images me reviennent en mémoire, mais... C'est tout.
- Ne te fais pas de soucis. Tout ça te reviendra naturellement, il suffit juste qu'on te rappelle les grandes lignes. Il y a 160 ans environ, tu as décidé de tout arrêter. Tu t'es fritté avec la plupart des membres du Conseil d'Alkatrys parce que tu ne voulais plus de toutes ces embrouilles politiques du monde des vampires. Un jour tu persécutais untel, le lendemain tu lui serrais la main. Jouer les hypocrites, ça ne te plaisait pas du tout, tu avais fini par avoir un rôle de diplomate alors que ton truc, c'était la baston, les grandes actions décisives, les sauvetages, l'instruction de tes cadets, et piquer les souvenirs de l'ennemi pour s'en servir contre lui. L'inconvénient dans tout ça c'est que tu pouvais aussi être un mouchard sans le vouloir, surtout au début, tes souvenirs à toi ne restent pas toujours en sécurité dans ta tête. C'est pour ça que tu n'as rien écrit sur tes missions non plus, ainsi tu pouvais les oublier. On te raconte l'essentiel juste avant, au dernier moment.
- Je me sens un peu comme un assisté, quand même...
- C'est clair que ça ne doit pas être facile à admettre. Mais tu sais, tu es capable de grandes choses, que personne ne pourrait faire à ta place. Qu'on t'aide un peu en retour, c'est normal. Mais depuis ces dernières décennies tu commences à gérer tout ça, tu oublies de moins en moins, tu fais le tri, et de nombreux exercices de mémoire tous les jours. Le plus important est que tu laisses de plus en plus rarement ta mémoire se faufiler dans la tête de n'importe qui. Quand ils s'en sont aperçus, les membres du Conseil ont voulu te récupérer dans leurs rangs, mais tu as refusé. Il y a donc 160 ans, tu t'es installé ici, à River Crow. Ca m'a fait drôle, tu sais, on avait vécu de nombreuses missions tous les deux... Je me sentais un peu désemparé quand tu es parti, surtout que ton remplaçant était un gros con, voilà, c'est dit. Tu voulais vivre comme un simple mortel, avoir un boulot tranquille, et tu as quitté la Tchécoslovaquie. Ici, tu as trouvé par hasard ce job de surveillant de nuit, à l'orphelinat. Et ça t'a tout de suite plu, le contact avec les enfants. Tu as la fibre paternelle et très vite, ces gamins t'on considéré comme un grand frère. Personne n'a trouvé étrange que tu ne vieillisses pas au cours de ces soixante ans précédant la dictature vampirique, parce que tu restais discret, les enfants ne restaient jamais plus de quinze ans dans l'établissement, et l'ancien directeur était un vampire également. Tout fonctionnait à merveille, tu étais heureux. Jusqu'au jour où Léandre de Liancourt a profité de la seconde guerre mondiale pour instaurer son régime de terreur et s'approprier River Crow.


Léandre de Liancourt. Ce nom fait l'effet d'une bombe dans son crâne. Nikita sait qu'il le connait, il est sûr et certain de savoir beaucoup de choses sur son compte, mais il n'y a pas moyen de faire revenir tout ça à la surface de sa mémoire. C'est frustrant, de posséder un tel pouvoir, et de ne pas pouvoir s'en servir correctement sur soi-même. C'est comme si des centaines d'images venaient frapper son regard, et qu'elles étaient totalement floues. Comme s'il était subitement devenu myope, qu'il ne pouvait plus lire les lignes de son histoire. Comme si... de bien remplies, ces pages de sa vie s'étaient tout à coup retrouvées vierges.

- Léandre... Qui c'est, ce type-là ?

Il voit hésiter Leo. Comme si se souvenir de cet homme le troublait, lui aussi. Il tente de parcourir son esprit. Il y voit quelque chose de scellé. Pourquoi ? Aurait-il quelque chose à cacher ?
Il comprend que son ami a reçu un entrainement de la part d'Alkatrys pour dissimuler des informations à ses interlocuteurs mentalistes. Quoi de plus normal, en tant de guerre, il y a des secrets que l'on se doit de préserver. Nikita n'a pas forcément l'autorisation de tout savoir.
Alors il n'insiste pas.

- On ne sait pas, reprend son collègue. Ni qui il est, ni d'où il vient. Mais il est puissant, très ancien, et bien entouré. Cela fait cent ans qu'il terrorise les habitants de la ville et enlève les enfants dans le but d'en faire des monstres sans coeur. Un peu après son arrivée, il a fait mettre le feu à l'orphelinat. Tu as failli y passer. Tu n'as pas pu sauver tous les enfants, ni empêcher la mort du directeur et que la plupart des gamins se fassent kidnapper par ce taré. Mais tu n'as absolument pas à t'en vouloir, Falken, tu as fait tout ce qui était vampiriquement possible.
- C'est monstrueux...
- Je ne te le fais pas dire... Tout ça, tu l'as extrêmement bien décrit dans ton livre. Parfois, même quand tu te souviens, tu relis tout ça, et ça te donne la haine et la détermination nécessaire pour faire tomber la tête de Léandre, et protéger ces orphelins au péril de ta vie. Après l'incendie, tu as tout fait pour qu'Alkatrys se penche sur le cas de cette ville occupée par un tyran. Mais la société était tellement bien occupée ailleurs qu'il a fallu des mois, des années pour qu'elle accepte de déléguer quelques membres pour résoudre le problème, à des milliers de kilomètres de la Tchévoslovaquie. Tout ça lui semblait trop loin, et les clans du coin n'en avaient pas spécialement quelque chose à faire. Je pense plutôt, et tu penses comme moi, que la plupart des vampires craignent Léandre de Liancourt, et que personne à part quelques rares solitaires n'a l'inconscience de se mesurer à lui.
- Il est donc si terrible, cet ancien ?
- Tu t'en souviendras bien assez tôt... Je te laisserai t'en rappeler tout seul, si tu veux bien. On n'a pas le temps, va falloir que tu y ailles, j'entends d'ici les petits ventres gargouiller.
- Dis-moi juste ce qu'il en est de la situation aujourd'hui.
- Un siècle a passé depuis l'arrivée du monstre. Finalement, tu as rejoins Alkatrys dans le but de renverser le régime actuel. Moi, et quelques autres vampires, nous sommes venus t'aider. Tu as créé la Fondation MacGrégor, en hommage à celui qui t'a tout appris, et comme tu veux pouvoir être libre de lutter contre les actions de Liancourt, tu m'as mis à la tête de cette Fondation. C'est plus simple pour toi de rester le surveillant de nuit. Petit à petit, la Fondation est devenue le berceau de la résistance de River Crow. Nous nous sommes alliés à la résistance humaine. Ici, nous pouvons protéger les enfants du mieux que nous pouvons, et nous y arrivons bien. Il est très rare que l'un des partisans de Léandre arrive à s'infiltrer ici, sans que nous le sachions. Parfois, quelques parents viennent d'eux-mêmes nous confier leurs gamins, pour leur sécurité. On sait qu'ils sont maltraités au manoir, entrainés à devenir des petits sadiques en herbe, pour enfin être vampirisés. Nous, de notre côté, suivant le modèle d'Alkatrys, nous entrainons nos protégés à se défendre, tout en leur inculquant des valeurs que les vampires ne sauraient leur enlever. Ici, on parle d'amitié, d'amour, de sécurité, d'espoir. Au manoir c'est tout autre chose. Nous avons des espions infiltrés, qui se font passer pour des partisans de la dictature, et qui nous rapportent tout ce qui s'y passe.
- A-t-on jamais tenté de faire évader ces enfants ?
- Si... A plusieurs reprises. La plupart de ces tentatives se sont soldées par des échecs. Nous avons même un enfant mort sur la conscience. On nous l'a envoyé découpé en petits morceaux dans une boîte. A ce jour, nous n'avons pu en récupérer qu'un seul, vivant et en pleine santé...
- Charlie.
- Exactement.


Leo consulte sa montre et se relève, ramassant quelques papiers au passage.

- Allez hop, au boulot. Si tu as des questions, n'hésites pas à revenir. On en reparle à la pause, tout à l'heure, je te représenterai le personnel. Vas donc voir tes enfants, je suis sûr qu'ils meurent d'impatience de te revoir. Comme tous les soirs.
- Merci pour tout, Leo.
- Je t'en prie. C'est normal.



Nikita et son journal intime se retrouvent dans les couloirs. Maintenant, il comprend pourquoi son histoire est enfermée dans un coffre-fort : si ses ennemis savent qu'on peut lui prendre ses souvenirs, peut-être souhaitent-ils les lui dérober. Moins ils en savent, plus le vampire et ses protégés sont en sécurité.
Il ne cesse de penser à ce Léandre de Liancourt. C'est étrange, quand ce nom est prononcé, il a la sensation de le connaître, mais n'en sait pas plus. Leo ne lui en a pas beaucoup parlé ce soir. Peut-être que les enfants en savent un peu plus ?
Le fils de la nuit se sent un peu perdu. Lui, le créateur de la Fondation, l'un des chefs de la résistance de River Crow, protecteur de dizaines d'enfants, ex-membre du Conseil d'Alkatrys, se sent à l'ouest et sans défense, cette nuit. Il a horreur de ça. Il a besoin de stabilité. Comment gérer tous ces postes s'il ne se rappelle pas ce qu'il doit faire, et qui sont ses partenaires ?
Il s'arrête un instant. Il est un peu égaré dans le dédale du bâtiment.
Une petite marque dans la pierre des murs, à peine visible, attire son attention. Il passe ses doigts sur la gravure d'une flèche directionnelle, et un léger sourire vient animer son visage songeur. Il se montre lui-même la direction à suivre. Qu'était l'ancien Nikita, celui qui se souvient ? Il a la sensation de devoir tout réapprendre. Il ne s'habitue pas. Comment s'habituer à oublier la vie quotidienne ?
Son crâne est un sombre labyrinthe.

Une présence, des bruits de pas. Il tend l'oreille. Et bientôt, il voit apparaître un visage familier. Enfin un repère !
Une chevelure un peu désordonnée, une frimousse agréable. Des yeux verts, pétillants, révélant une maturité qui ne correspond pas à son âge. Charlie est un adulte depuis longtemps, aux yeux de tous. Nikita lui sourit. Comme s'il ne l'avait pas vu depuis des années, il a envie de lui sauter dans les bras. Et pourtant, ils se sont croisés la veille.
Ce qu'il l'aime et l'admire, ce petit bout d'homme. Comme un petit-frère.
Ils échangent un bonsoir. Charlie reconnait le libre sous le bras de son ami. Un peu troublé, il le dévisage. L'a-t-il oublié ?

L'amnésique perçoit ses pensées. Il lui répond qu'il se souvient de son nom, de son caractère, de son histoire. De tout ce qui constitue sa personne. C'est étrange qu'il se souvienne davantage d'un autre que de sa propre personne.
Peut-être qu'au fond, il n'a pas envie de se rappeler de sa propre personne. Aurait-il quelque chose à se repprocher ?
Charlie sourit en comprenant que Nikita se souvient de lui. Il en est ému. Son professeur ne l'a jamais vraiment oublié, si ce n'est quelques détails peu importants le concernant.
Ensemble, les deux amis se dirigent vers les dortoirs. Nikita se sent en confiance. C'est comme si une bulle de paix préservait les âmes de cet orphelinat. Un écrin de douceur et d'innocence, dans un monde terrifiant et dangereux.
Il se rappelle que lorsqu'il sort en ville, il n'est plus le même. Sa personnalité tend à noircir dès les premières secondes.
Dehors, le monde n'est qu'ombre. Il se bat, tue sans remords, se donne corps et âme dans la lutte contre les partisans de Léandre. Ca y est, ça lui revient, maintenant.
Et lorsqu'il revient à l'orphelinat, c'est une bouffée d'oxygène qui s'infiltre dans ses poumons morts, il se sent plus vivant que jamais, entouré par sa famille nombreuse. Il adore les enfants, et les enfants l'adorent. Les plus petits l'appellent Papa.

- Tu n'as jamais eu autant d'amnésies depuis que tu es ici, songe Charlie. C'est ton livre qui te le dit.
- Pourquoi ?
- Il faut croire que la source de ton problème se trouve à River Crow...


Ils sont seuls. Seuls dans les couloirs à cette heure. Rassuré que personne ne puisse les entendre penser, Nikita laisse libre cours à toutes les questions qu'il se pose depuis son réveil hors du commun. Il pose sa main sur l'épaule de son jeune ami, ralentissant la cadence de leurs pas.

- Charlie... que s'est-il passé hier, avant ma Torpeur ? Pourquoi ai-je presque tout oublié ? J'ai plus de sept siècles. Je ne suis plus un néonate qui ne contrôle pas ses pouvoirs...
- Je ne sais pas... Et toi non plus, tu ne savais pas. Hier, tu es sorti sans prévenir personne. Lorsque tu es rentré, tu semblais complètement perdu, tu ne m'as pas adressé la parole. Tu t'es enfermé chez toi sans un mot. Quelque chose, ici, te perturbe au point que ta mémoire s'efface instantanément.
- Et... que s'était-il passé, la dernière fois que c'est arrivé ?
- Je crois que ça avait quelque chose à voire avec les infiltrés... Je ne devrais peut-être pas te dire ça, mais tu es mon mentor, mon meilleur ami, Nikita, et je dois te faire part de mes doutes, aussi absurdes te sembleront-ils. De toute façon je ne peux rien te cacher.
- Dis-moi.
- Je doute de l'honnêteté de certains membres de la Fondation, à ton égard. Des vampires en particulier. Je ne sais pas tout, mais il y a des choses qui ne me plaisent pas. Qui te concernent. Je crois qu'on profite de ta mémoire défaillante pour te manipuler. Hélas je n'ai qu'une intuition... Une mauvaise impression.
- Tu n'es pas le seul. Charlie... Il se passe des choses pas nettes, ici. Je n'ai pas osé y penser devant Leo, parce qu'avec ce qui m'arrive, je crains que mon bouclier mental ne soit percé de parts en parts. Je ne sais même plus à qui je dois faire confiance... Où va-t-on, si l'on doit se méfier de nos propres rangs ?


Charlie hausse les épaules. Il essaye de ne pas trop y penser. Un autre vampire pourrait s'emparer de ses impressions. Depuis quelques mois, Nikita lui enseigne à construire un bouclier mental, mais tant qu'il ne sera pas lui-même fils de Caïn et télépathe, il ne parviendra pas à empêcher les immortels de s'introduire dans son jeune crâne.

Son professeur hait cette impression d'être complètement largué, manipulé. Comme s'il n'était qu'un pantin... Il est vide de sens. Vide de vie. Il n'a plus rien dans la tête, si ce n'est des questions sans réponses. Son élève semble bien plus conscient que lui de la situation, et c'est normal, il n'oublie pas, lui.
Pour quel genre d'animal de foire passe-t-il, aux yeux de la résistance, et de ses proches connaissances ? Comment va-t-on le regarder, lorsqu'on va lire dans ses pensées qu'il ne comprend plus rien, lui, celui qui est à la base de tout ça ?
Il s'énerve en silence. Il a envie de plaquer tout ce bordel, là tout de suite, et de s'isoler un instant, peut-être quelques heures, pour faire le point.
Mais c'est sans compter sur Charlie qui, semblant avoir deviné le fond de sa pensée, pose sa main sur son bras et l'invite à le regarder dans les yeux.

- Entre. Tu te rappelleras pourquoi tu te bats.

Ils se sont arrêtés devant une porte. Derrière celle-ci, des dizaines et des dizaines de coeurs qui battent en un rythme lent et régulier, dans le silence des pensées conscientes qui laissent place à un ballet de rêves.

Nikita pénètre dans le dortoir. Plongés dans l'obscurité, la plupart des orphelins dorment encore.
Les questions s'apaisent. La sérénité règne, et il s'en étonne. Comme s'il avait emprunté un passage vers un monde d'innocence, loin des trahisons et histoires compliquées des grandes personnes. Ici, on respire. On s'évade, chevauchant les esprits comme on chevauche une licorne en rêve. C'est un pur instant de bonheur que celui où le vieux vampire rencontre un regard, puis un second, puis un troisième. Un sourire. Et un autre. Des petits bras qui sortent de la couette pour se tendre en sa direction. "Papa" se rapproche du petit Alexandre, au doux visage rond, cerné de fins cheveux d'or. Il lui sourit, l'embrasse sur le front, pendant que l'enfant s'accroche à son cou. Le grand homme se redresse, le petit homme dans les bras.
Dans cette chambre-là, il n'y a que des humains en bas âge. Les plus grands se trouvent dans d'autres dortoirs et s'agitent déjà, à l'autre bout du couloir.

Aussi étonnant que cela puisse sembler, il se rappelle chacun de leurs prénoms. Caroline. Angela. Matthis. Loreena. David. Stefen. Lydia. Et tant d'autres. Et tant d'histoires, qui investissent son crâne, en masse. Un flot de pureté, mêlé aux plus sombres horreurs. Le souvenir du chien et de sa balle dans le jardin, en conflit avec la scène du meurtre de ses parents. Celui d'un baiser volé à son amoureuse de la maternelle, contre la lueur menaçante, scintillant sur la canine d'un vampire.
Nikita se souvient qu'il sourit, sans jamais dévoiler ses dents. Qu'il ne parle jamais de fils de Caïn devant un enfant, sauf quand on lui demande d'expliquer, quand on a l'âge de comprendre et d'entendre certaines choses. Les règles, c'est lui qui les fixe, et tout le monde doit s'y plier.

Il allume la lumière. Et l'innocence s'éveille, reprend vie comme la veille.


Lui, vieil ancêtre de plus de sept siècles, respecté de tous - ou presque, quitte le dortoir avec deux bambins dans les bras, et trois autres qui empoignent son jean avec leurs petits doigts boudinés. Une nounou comme on n'en fait rarement. Lui, le guerrier, qui a tranché autant de têtes dans sa vie qu'il y a de vampires à River Crow, se réjouit de partir à la recherche d'une tototte ou d'une peluche sous un lit, d'inventer des histoires tirées par les cheveux, de faire mumuse avec des gants de toilette en guise de marionnettes, pour qu'un enfant arrête de pleurer. Tous ces gamins sont les siens. Et il n'y a qu'ici qu'il les sait hors de danger. Toutes les nuits, il part en chercher, au dehors. Des errants, des blessés.
Toutes les nuits, il erre devant le manoir, dans l'espoir que l'un d'eux se soit évadé.
Toutes les nuits, il aimerait y entrer.

Leur faire quitter l'enfer ... Puis tout brûler.

O
I N F O R M A T I O N S . A D D I T I O N N E L L E S ;;
O


POUVOIRS: Nikita est un passeur de souvenirs. Son don psychique plus développé que la plupart des vampires est dû à son âge avancé. Il est tout autant un avantage certain qu'un inconvénient plutôt embarrasssant.
Il a le pouvoir de copier les souvenirs de ses cadets, voire de les leur enlever, pour les intégrer aux siens. Il peut en mettre d'autres à la place, en réveiller certains enfouis, et savoir, par conséquent, bon nombre de choses sur les personnes concernées. Ce don fonctionne sur les vampires plus âgés dans le sens où il peut leur en offrir, mais non leur en emprunter, si ce n'est quelques bribes incohérentes. Mais comme il a beaucoup de mal à gérer ces capacités, par rapport à ses importantes amnésies, Nikita peut parfois, malencontreusement, léguer ses souvenirs à n'importe qui. Il n'est pas toujours possible de les récupérer.

Pour donner quelques exemples concrets de son pouvoir, le vampire peut faire croire à un homme que son épouse est décédée, de cette manière : en lui retirant tous les souvenirs qu'il a d'elle en bonne santé récente, en réveillant les souvenirs des quelques maladies qu'elle a pu avoir, et en insistant sur le souvenir du désespoir d'un homme penché sur une tombe, qu'il aura copié chez quelqu'un d'autre. Il suffit juste que tout s'organise dans la tête de la victime et que ça lui semble possible, pour qu'il soit persuadé de l'avoir vécu.
Autre exemple : il peut rendre heureux un enfant qui n'a connu que la misère, la douleur, ou la mort de ses parents, en lui offrant des souvenirs d'enfance agréablement comblée, à travers les yeux d'un autre porteur de souvenirs.
Ou bien pour raconter avec précision l'une de ses propres expériences, il peut copier une parcelle de sa propre mémoire - faisant le tri bien sûr, il ne veut pas forcément qu'on connaisse ses émotions les plus intimes - et la prêter à quelqu'un.
A l'extrême, il peut retirer presque la totalité des souvenirs les plus profonds d'un humain ou d'un vampire plus jeune que lui (jusqu'à 500 ans, après c'est presque impossible). Jusqu'à lui faire oublier que le feu est dangereux, qu'on peut se tuer en tombant dans un précipice, ou encore l'instinct qui ordonne de manger pour survivre. Si l'idée est suffisamment bien étudiée, Nikita peut rendre mortel son pouvoir mental, indirectement.

AUTRES ÉLÉMENTS: Il ne se rappelle pas avoir connu Léandre par le passé, et personne ne souhaite le lui rappeler. Aux yeux d'Alkatrys, c'est tellement plus facile qu'il se débarrasse du tyran, s'il n'a pas de remords concernant cette idée. On craint qu'en se souvenant qu'ils ont eu le même Sire, Nikita ne tente de le rejoindre, plutôt que de le détruire.
Dans son camp, seul Leo est au courant de leur lien, mais n'a pas le droit de le lui révéler.
PERSONNALITÉ DE L'AVATAR: Hugh Jackman.
SELON VOUS, VOTRE PRÉSENCE SERA...: Ce qu'elle sera.
COMMENT AVEZ-VOUS DÉCOUVERT LE FORUM? Par Léandre.
QUELLES SONT VOS PREMIÈRES IMPRESSIONS? Content que ça démarre !
LES 6 MOTS DE PASSE DU RÈGLEMENT: OK by moi-même. Cool
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